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IBcom: Palace pour serveurs a Geneve PDF Print E-mail
22 October 2002

Blotti au frais. Alors que d'autres ont disparu ou ont abandonné ce créneau, Safe Host inaugure à Geneve un centre d'hébergement pour ordinateurs.

La délocalisation du site web d¿une entreprise est incontestablement passée dans les moeurs. Mais l¿idée d¿envoyer également «en pension» l¿ordinateur qui assure la gestion suscite, malgré ses avantages incontestés, encore beaucoup de réticences chez nous, alors que c¿est presque devenu normal outre Atlantique. Si l¿on analyse honnêtement la situation, il faut pourtant bien conclure que nos PME romandes typiques n¿ont ni les compétences ni les moyens d¿exploiter dans leurs murs un centre de calcul offrant un niveau de sécurité et de fiabilité adéquat contre les risques les plus importants : incendie, vandalisme ou sabotage (notamment interne), coupures de courant prolongées, etc. (voir ci-dessous ce que cela implique). Tout dépend bien sûr de l¿importance de l¿outil informatique pour le fonctionnement des affaires et de la durée tolérable d¿une panne. Il est certes possible, ce que font la plupart, de bricoler un dispositif de sécurité de base et d¿espérer que, avec un peu de chance, les anicroches arriveront aux autres.

L¿hébergement règle pourtant non seulement ce problème à la base une fois pour toutes, mais, selon les spécialistes, permet même de réaliser des économies de 40 à 50% à long terme. «Peut-être est-ce la peur de perdre le contrôle de leur matériel», affirme Gérard Sikias, CEO de Safe Host qui vient d¿inaugurer ses installations à Genève, «l¿éducation des clients reste à faire dans ce domaine; cela permet pourtant aux sociétés de partager les frais» (ndlr: des infrastructures techniques et de la sécurité). Avec la déconfiture de Digiplex et le départ de LDCOM, la petite histoire de l¿hébergement dans notre région est malheureusement tout sauf rose. Espérons que ce nouveau départ, entrepris semble-t-il de manière vraiment professionnelle, permettra à ce marché, que Safe Host partage avec d¿autres tels que Telehouse, également établie à Genève, de décoller dans de bonnes conditions dans notre région. Pas de chambres avec bain au sous-sol «Nous avons acheté ce bâtiment à l¿état brut dans la zone industrielle de Plan-les-Ouates après évaluation de sa capacité à satisfaire aux exigences d¿une telle activité et l¿avons aménagé de fond en comble dans cette perspective», précise Gérard Sikias. Trente millions, avancés par lui et cinq actionnaires saoudiens, ont été investis dans cette aventure et seront rentabilisés dans trois à cinq ans si les affaires progressent comme prévu. «Nous ne cherchons pas à réaliser rapidement de grands profits, ajoute-t-il, nos objectifs se situent à plus long terme.» Interrogé sur les raisons qui le poussent à l¿optimisme alors que d¿autres ont échoué dans ce domaine sur la place genevoise, il cite justement cette vision à long terme des propriétaires, le fait que la société démarre sans dettes, qu¿elle se spécialise strictement dans le domaine du hosting et qu¿elle soit idéalement localisée. L¿intérêt démontré en outre par un nombre croissant d¿entreprises pour la délocalisation de leur informatique constitue un élément encourageant : tout le monde se fait aujourd¿hui des soucis sur la sécurité de ses installations et la capacité de survivre à un événement catastrophique majeur. A ce propos, nous avons demandé pourquoi les «chambres» et «suites» destinées à accueillir les ordinateurs ne se trouvaient pas au sous-sol plutôt que dans les étages du bâtiment. N¿y seraient-elles pas mieux protégées? «C¿est un mythe de penser que le sous-sol est plus sûr, nous a-t-on répondu, à Plan-les-Ouates le danger d¿une inondation est plus grand que celui d¿une attaque ou d¿un accident aérien.» Certes, les centres informatiques critiques conçus de manière professionnelle se ressemblent tous. Lorsqu¿on en visite un, on ne peut néanmoins s¿empêcher de constater : a) que la volonté d¿assurer la sécurité et la continuité des opérations implique des installations extrêmement massives, sophistiquées et onéreuses, b) que bien des entreprises mettent leur avenir en jeu en construisant, à grands frais pourtant, des dispositifs qui n¿arrivent pas à la cheville de ce que l¿on trouve dans un tel centre.

Parlons donc de ce nouveau cinq étoiles pour ordinateurs, de ce «palace» pourtant aussi destiné à ceux qui ne font pas partie des grandes machines de ce monde. L¿immeuble offre 9300 m2 de surface au total, dont 2400 m2 sur deux étages sont aujourd¿hui aménagés pour recevoir des «clients». Cette surface se divise en trois catégories d¿emplacements : armoires fermées appelées SafeRack, cages métalliques dénommées SafeCage et, pour les VIP (Very Important Processors), des locaux hermétiquement fermés, les SafeSuites. Indépendamment de la catégorie, les emplacements sont entièrement ventilés (ndlr : une bise glaciale y souffle en permanence, le climat préféré de ces machines!). Ils sont alimentés de manière redondante en électricité et protégés contre les accès non autorisés par un système à badges et biométrique (relevé de l¿empreinte digitale). Des caméras et détecteurs surveillent les locaux en permanence. En cas d¿incendie, un gaz inerte diffusé par des batteries de bouteilles situées à proximité étoufferait immédiatement les flammes. Relever celui qui assure la relève

Un câblage en fibre optique assure l¿accès à Internet par un réseau Gigabit Ethernet et des lignes louées en cuivre ou fibre optique sont également disponibles. Le client peut choisir d¿utiliser le réseau IP du bâtiment, protégé par un coupe-feu, ou de se raccorder à l¿un des multiples opérateurs de télécommunication qui possèdent un n¿ud à cet endroit. L¿alimentation électrique est assurée par une sous-station propre à l¿immeuble. En cas de panne ou de fluctuation du réseau, deux ensembles d¿onduleurs assurent la continuité pendant que des génératrices diesel se mettent en route pour prendre la relève.

Tous les systèmes et détecteurs sont reliés au centre de contrôle afin que l¿ensemble des paramètres puisse être surveillé en permanence. Les clients possèdent par ailleurs une interface web qui leur permet de contrôler à distance comment se porte leur «rejeton» et ont même la possibilité d¿installer une caméra pour s¿assurer de la présence et du bien-être physique de leurs machines à cet endroit. Un quai d¿accès sécurisé sert à la livraison et des procédures précises sont établies pour l¿accès du personnel technique venant effectuer des travaux. Safe Host met finalement à disposition de ses clients des bureaux entièrement équipés en PC, etc., pour assurer la continuité des opérations en cas de pépin majeur. L¿ensemble des dispositifs est redondant à tel point que même si l¿équipement censé prendre la relève en cas de panne tombe lui aussi en panne, il est dédoublé ou remplacé par un autre. Le prix d¿une location se situe entre 400 et 500 francs par mois et m2.

Jean-Luc Perrenoud

 

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